2018, sous le signe d’un changement qui avance

… Mais qui s’exerce parfois contre la volonté des peuples en raison de la résistance de certains pays membres à maintenir le Statu Quo.

Genève, le 20/02/2018

Une réunion de cadrage semestriel qui a consisté à rappeler les engagements pris lors du briefing du mois d’Octobre 2017, notamment :

 Le projet de construction d’un bâtiment dédié à l’accueil des ONG (mettre à profit la coopération transversale, créer de nouvelles synergies), 

 Le changement d’approche dans l’accueil des problématiques liées à la réalisation des Objectifs pour le développement durable (ODD),

 L’implication des ONG dans l’accompagnement des efforts des Nations Unies pour mener à bien ses missions sur le terrain,

 La réduction des moyens (budgétaires) qui ont tendance à impacter la performance des Nations Unies dans leurs tâches au quotidien. 

Lors de son briefing semestriel, M. Moller (Directeur de l’Office des Nations Unies à Genève) a souligné la demande croissante d’intervention sur de nombreux « fronts » de la part des populations, y compris dans le cadre de la réalisation conjointe des objectifs 2, 5, 8, 16 et 17. Dans le même temps il a souligné certains antagonismes internes, dont la volonté des Etats membres de restreindre les domaines dans lesquels certaines compétences pourraient échoir à l’organisation. « Plus avec moins » ou même de la qualité au rabais avec « des moyens réduits à l’extrême » est une attitude voir un leitmotiv frustre qui fait sont chemin dans certains milieux, selon ce qui a été relaté lors du briefing d’hiver.

 

Pour conforter cette perception, il a été rappelé que « les Nations Unies ont un fondement politique et que seule la volonté politique des Etats permet à l’ONU d’être ce qu’elle est actuellement ».

 

Non sans espoir, le Directeur Moller a l’intime conviction qu’un possible « aggiornamento » (actualisation de l’Organisation) s’emparera tôt (mais pas tard) des esprits afin d’anticiper les mutations fondamentales dans les prochaines années. Ces mutations, à juste titre, si elles ne sont pas suffisamment anticipées finiront par diviser, créer des inégalités dont personne ne peut prédéfinir la portée sociologique, politique et « hégémonique » … sauf post hoc. Le danger d’une hégémonie du pouvoir conduirait à des situations qui seraient catastrophiques pour les générations futures.

L’ONU a commencé à anticiper un virage, et réfléchit à une nouvelle gouvernance qui s’appuie sur l’approche transversale du changement de perspective (en anglais, the Perspective Change). Mais comme tout changement, la volonté interne des personnes qui œuvrent à l’intérieur de l’ONU est tout autant déterminante que la volonté du politique à vouloir faire bouger les lignes de force. Or, comme l’indique encore M. Moller, il est patent que certains Etats qui sont membres de l’ONU sont aussi ceux qui opposent le plus de résistance politique et/ou idéologique à toute mutation profonde. Comme l’a indiqué celui-ci « il y en a encore certains qui n’aiment pas les Nations Unies ».

Quelles solutions apporter à ce défi du changement à moyen terme, alors ?

Une des réponses consiste, en apparence, à faire de la parité Homme/Femmes une réalité dans les niveaux hiérarchiques supérieurs qui s’activent à l’ONU. Ce serait en train d’être une mission accomplie sur la base des nouveaux recrutements en cours, notamment sur les postes classés « D » et supérieurs. Une autre réponse, plus ou moins argumentée au fond, consiste à mobiliser les ONG qui sont enregistrées à l’ONU et qui s’activent dans les domaines des droits de l’homme, ou dans d’autres secteurs d’intervention.

Sur ce sujet, et pour ôter toute ambiguïté de forme, le Directeur de l’ONUG a rappelé que le soutien aux ONG dans leur rôle de lobbying, et aux fins de changer les approches stratégiques, n’emportait pas «financement» de ces mêmes actions à quelque titre que ce soit.

L’ONU n’a donc toujours pas pour vocation de financer des projets « privés » avec des dotations annuelles qui sont allouées sur les budgets nationaux des Etats membres. L’argent existerait bel et bien, mais les sources de financements auxquelles les ONG pourront accéder sont essentiellement issues du secteur privé ;

Pour conclure ses propos, M. Moller a indiqué qu’il est de la responsabilité de chacun (notamment des ONG) d’inventer de nouvelles formes de « mécénat » qui vont valoriser leurs actions et attirer les financeurs en fonction des « messages » ou « buts » poursuivis. 

 

Communication Unit,

Ineing - Geneva